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L a s
y m b o l i q u e d
u c h e v a l
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La
Symbolique du cheval dans la littérature, les mythes et religions.
Au troisième millénaire avant Jésus-Christ, les Hourrites, originaires des steppes du nord de la Mer Noire, ont introduit les chevaux dressés en Mésopotamie. Depuis lors le cheval ne cesse de jouer un rôle essentiel dans la vie consciente et inconsciente de l'homme. L'étymologie du mot cheval remonterait au sanskrit et se rapporterait à une forme de mouvement perpétuel, puissant, rapide mais empreint de sagesse et d'harmonie. |
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La
licorne, cheval blanc portant une corne unique, reste dans la
mythologie le symbole de la pureté et de la sagesse. Sa corne serait
faite d'ivoire torsadée, prenant ainsi à la fois une dimension phallique
évidente, et une dimension spirituelle avec cette spirale en 3-D au
niveau de ce que l'on apelle le troisième oeil (ou Ajna chakra). Certains
chevaux dits difficiles, et surtout chez les jeunes, semblent sensibles
à un massage voir simplement à un contact à cet endroit-là.
Calme, détente, confiance sont les impressions majeures que l'on peux en retenir. Mais la licorne, comme la majorité des chevaux mythiques, porte une "double casquette" et symbolise également l'agressivité sexuelle masculine. |
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Le cheval apparait donc souvent comme un grand paradoxe, à la fois magnifié
dans la mythologie (au sein de laquelle il oscille aussi entre symbole
mâle et femelle, guerrier et pacificateur, feu et eau, mort et renaissance
...) et les fables populaires, et également humble compagnon de labeur
de l'homme depuis des siècles, asservi aux tâches les plus rudes (travail
dans les mines très bien décrit dans Germinal de Zola, compagnon de
famine et d'horreur pendant la guerre en Russie, etc...).
L'imprégnation collective est telle qu'il nous est certainement difficile aujourd'hui d'imaginer les traces que le cheval a laissé dans notre mémoire archétypale. Cette double symbolique se retrouve dans de nombreuses mythologies (d'Asie centrale, d'Irlande, d'Europe, du vaudou Africain, Tahitien, Celte...) où le cheval est associé originellement "aux ténèbres du monde chtonien surgi des entrailles de la terre et des abysses de la mer". "Porteur de vie ou de mort, il est lié au feu destructeur et triomphateur, et à l'eau nourricière et asphyxiante". Dictionnaire des symboles. |
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Mais le cheval peut cesser d'être chtonien (lié à la terre) pour devenir
ouranien (lié au ciel) et blanc, courrier céleste tels les chevaux
des Saints, des Héros, des conquérants spirituels. Il représente alors
l'instinct contrôlé, maitrisé, dépassé. Ce long cheminement en compagnie des cavales infernales et des coursiers de la mer a rempli mon regard imaginaire de sabots, d'étincelles, de crinières mouillées, de naseaux en feu, d'entrailles surgies de ventres ouverts, de barques bercées, de croupes frémissantes...
En Inde, dans la religion primitive, le cheval tient une place prépondérante
dans les hymnes à Indra (Dieu guerrier souvent représenté tenant
à la main le vajra : la foudre, l'éclair, aussi le diamant...). Vishnou,
dans une de ses métamorphoses, s'incarne en cheval blanc. |
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La "plus noble conquête de l'homme", était pour les Assyriens un attribut
de puissance et de noblesse employé pour la chasse et la guerre. Ces
derniers excellaient par ailleurs dans l'art équestre et dans les soins
aux chevaux.
Dans notre tradition religieuse il ne faut pas oublier que, identifié
à l'archange Saint-Michel, Saint-Georges à cheval terrassant
le dragon symbolise le bien et le mal.Nous retrouvons également ces archétypes dans la lame 7 du tarot "le chariot" , où les chevaux, parfois des sphinxs, représentent les forces inconscientes de l'homme, sa personnalité inférieure, ses instincts. Le Prince menant l'attelage symbolise l'aspect conscience de l'Etre le Soi, l'Âme. Utilisant ses émotions sans en être l'esclave (maîtrise de la jouissance?), le Prince conduit alors son char (en référence à la notion de véhicule, la Voie, "yâna" Indienne), sans rènes, dans un parfait équilibre corps-esprit, revêtant ainsi la puissance maitrisée. |
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L.Tailhade, dans "le chant de Glacus", invoque la force titanesque : "...
Titan, qui chaque soir t'endors sur ta victoire Le
thème force, puissance, Feu, va même souvent jusqu'aux flammes de
l'enfer. "Nous
voyions les vagues humides V. Hugo. Après
la mort... , "il ne nous restera plus alors
qu'à demander à Pégase de nous délivrer de ces lourdes visions et
de nous conduire au ciel de la sublimation" G.Romey. "
Le goût du néant Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte, Cet
"autrefois amoureux de la lutte " suscite les images de victoires
passées. Elles sont abondantes autour du cheval, soit qu'elles chantent
la force de la partie victorieuse, soit qu'elles clament la soumission
du vaincu. "La
Vie est triomphante et l'Idéal est mort, Verlaine. Quand
la vie triomphe et que l'idéal est mort, c'est que l'impétuosité des
désirs domine l'esprit impuissant à faire prévaloir l'orientation
juste. C'est que le cheval, en fait, reste indompté ! Et cette défaite
de l'esprit pourrait apparaitre comme la perte de l'Espoir essentiel.
Nous reviendrons sur l'importance de ces notions de "présence juste
"à l'animal et donc à soi. |
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Nous finirons cette rapide présentation avec le mythe
de Pégase, Cheval blanc ailé, fils de Poseidon et de
la
méduse, et qui fera naître, d'un coup de sabot, la fontaine Hippocrène.
Pégase sera capturé avec un bridon d'or offert par Athéna puis donné
par les dieux à Bellerophon pour tuer la Chimère. Pégase rejoint souvent
la symbolique du premier cheval blanc de l'Apocalypse. Il restera également
le cheval des poètes authentiques...L'âme imprégnée du blanc cheval ailé a trouvé la clef qui libère de la pesanteur et ouvre la voie des secrets de l'inspiration. Les mythes et les légendes confèrent au cheval ailé le " caractère lumineux qui symbolise la spiritualisation fécondante et indique son appartenance au Logos".G.Romey. C'est le stade où, les pulsions matérielles et sexuelles étant non pas négligées mais pleinement vécues, avec la maitrise de la jouissance et la jouissance de la maîtrise, la fonction spirituelle, en charge de l'évolution de chaque être et de l'espèce, peut enfin jouer son rôle de guide sublime... Le cheval intègre donc parfaitement la dialectique structuro-fonctionnelle qui se joue à l'interface entre le sujet et son environnement : l'émotion à la réception des messages et la communication à l'émission de la réponse. Ces fonctions se délimitent par des :
Et si nous laissions le cheval, tel un pont s'érigeant entre la terre et le ciel, nous y aider? |