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  Ce sont les arabes qui ont donné son nom à l'alambic après lui avoir apporté quelques perfectionnements : al ambik = le vase (imbix chez les Gréco-Egyptiens). Ce sont eux également qui ont baptisé le fameux fard à paupière égyptien : al Khôl qui signifie l'essence, le parfum, illustrant par la même qu'il s'agit bien d'un produit de la distillation. |
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  L'alambic égyptien ressemble
trait pour trait à celui de nos premiers distillateurs. Il comporte quatre
pièces :
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![]()   Ce sont les recherches des alchimistes qui, au moyen âge, donneront naissance à "l'eau de vie". En 1300, Messire Arnaud de Villeneuve, médecin du roi d'Aragon, professeur aux universités de Paris et de Montpellier présente à son confrère et compatriote Ramon Lull les résultats extraordinaires qu'il a obtenus avec le liquide clair et subtil, pur comme de l'eau de roche, qu'il a su tirer de ses cornues d'alchimiste. Il attribue à cet "esprit" la vertu d'une "eau de jouvence". La prospérité, qui devait faire de Ramon Lull "le prince des alchimistes", lui attribue autant qu'à Arnaud de Villeneuve l'invention de la distillerie. Leur trait de génie fut de distiller le vin. Ainsi, dans son Testamentum novissimum, Ramon Lull énonce-t-il : |
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"Prenez du vin blanc ou rouge qui soit limpide et de bon
goût. Mettez-le dans un verre bien bouché et exposez-le en digestion pendant
20 jours à une douce chaleur, afin que les parties qui le composent puissent
se séparer plus facilement. Vous distillerez ensuite au bain de sable
sur feu très lent pour obtenir de l'eau de vie. Rectifiez cette eau ardente
autant de fois que nécessaire pour l'avoir sans flegmes. Vous obtiendrez
ainsi la quinte essence ou esprit de vin."
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  Chauffé, filtré, évaporé, le vin se
fait "esprit". Ramon Lull vit dans l'alcool un cinquième élément : la
"quinte essence", dont Dieu n'avait pas révélé l'existence à l'homme parce
qu'il contenait un principe de haute spiritualité. "Esprit" de vin n'était
donc pas un vain mot.
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![]()   Pendant plus d'un millénaire ce sont les plantes que l'on appelle "les Simples" qui ont constitué la base de la pharmacopée. Les moines soignants, du Moyen âge au XVIIIème siècle, sont de tradition des herboristes et d'habiles apothicaires. Si pour les alchimistes, le grand oeuvre restait le rêve de transmuer le métal vil en or, pour les moines, c'est la recherche d'un élixir de longue vie qui les préoccupe. |
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  Les moines ont rapidement associé "l'esprit
de vin" à leurs macérations de plantes séchées ou fraîches. Dès lors,
que de recherches, d'études, de combinaisons, d'espoirs autour autour
des cornues, des chaudrons, des alambics improvisés au fond des monastères
! Quelles courses dans les montagnes à la poursuite de l'herbe miraculeuse
! Mais longtemps cette eau-de-(longue)vie resta âpre et brûlante, ces
solutions de plantes bien amères. Aussi pensa-t-on à leur ajouter du miel.
Le premier qui y goûta ne trouva pas l'idée mauvaise : il venait d'inventer
la liqueur.
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  Les premières liqueurs sont des remèdes, des "potions magiques" et , dans la droite lignée de l'ésotérisme alchimiste, les secrets de fabrication, composition et tour de main, sont jalousement préservés. Ainsi, jusqu'à la Révolution, seuls les couvents, les congrégations, et les apothicaires auront le droit de vendre des liqueurs. Puisque l'eau-de-vie est réputée être une eau-de-jouvence, durant tout un temps, on hésite entre la cosmétique et la confiserie : l'élixir, comme on l'appellera encore longtemps, devait-il garder le mauvais goût d'un médicament, ou bien prendre le bon goût d'une gourmandise ?   Le mieux était bien sûr de réussir les deux à la fois, "des liqueurs saines et gracieuses". Rapidement, la liqueur médicamenteuse va donc chercher à plaire et à joindre l'utile à l'agréable. |
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